Le chemin qui s'en va dans les champs
N'est plus foulé par les paysans
Les roues qui ont creusé les ornières
Ne portent plus les fruits de la terre
L’été a mis ses belles parures
Au jardin, le rosier a fleuri
Le foin danse au-dessus des clôtures
Mais la faux dort en haut du fenil
Autrefois la maison
Où ça sentait si bon
Le toit s'est écroulé depuis
Les murs des bâtiments
Laissent passer le vent
Le râteau, oublié, a rouillé sous la pluie
Le chemin qui s'en va dans les champs
N’est plus foulé par les paysans
Les roues qui ont creusé les ornières
Ne portent plus les fruits de la terre
Les saisons ont brisé les fenêtres
L'herbe folle s'accroche au perron
On ne voit plus s’y bercer l’ancêtre
En regardant pousser la moisson
Ils se sont exilés
Vers les grandes cités
En rêvant d’une vie nouvelle
Ils se sont retrouvés
Empilés, entassés
Comme un troupeau docile, locataires de ruelle
Le chemin qui s'en va dans les champs
N’est plus foulé par les paysans